Être prêt, c’est avant tout être bien équipé
Le survivalisme, ce n’est pas une collection d’objets ni une lubie d’acheteur compulsif.
C’est une démarche réfléchie, fondée sur l’anticipation, la simplicité et la connaissance. Pourtant, un bon matériel reste essentiel : il transforme des compétences en actions concrètes, et fait souvent la différence entre une situation maîtrisée et un échec.
Qu’il s’agisse de traverser une coupure de courant prolongée, de passer une semaine en montagne ou de préparer un plan d’évacuation, le matériel survivaliste constitue la colonne vertébrale de toute préparation.
Mais encore faut-il savoir quoi choisir, comment le tester et surtout, comment l’utiliser.
Dans cet article, nous vous proposons une vue d’ensemble complète du matériel survivaliste indispensable, organisée par catégories et adaptée à différents contextes (urbain, nature, familial).
L’objectif : aider à constituer un équipement cohérent, fiable et durable, sans tomber dans le piège de la surconsommation ou du gadget inutile.
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Pourquoi bien choisir son matériel survivaliste est essentiel
Un matériel mal choisi peut te ralentir
Trop lourd, fragile ou inadapté, un mauvais équipement devient vite un fardeau.
Nombre de débutants commettent la même erreur : acheter tout et n’importe quoi, sans cohérence ni test sur le terrain.
Un couteau bon marché qui casse, un filtre à eau non testé ou une lampe défectueuse peuvent transformer une situation gérable en véritable problème.
Avant d’acheter, il faut penser fonctionnalité, fiabilité et compatibilité.
Chaque objet doit répondre à un besoin précis : couper, éclairer, soigner, protéger, cuisiner ou transporter. Rien de plus.
La règle des 3 : savoir, organisation, matériel
Le survivaliste expérimenté sait que le matériel n’est que le troisième pilier de la préparation.
Les deux premiers sont :
- Le savoir — connaître les gestes, les priorités, les techniques de base.
- L’organisation — planifier, tester et entretenir son matériel.
Le matériel vient ensuite, pour amplifier l’efficacité de ce que tu maîtrises déjà.
Un outil bien choisi et bien connu devient une extension naturelle de ton savoir-faire.
Acheter moins, mais mieux
Inutile d’avoir dix couteaux ou quatre réchauds.
Mieux vaut posséder peu d’équipements, mais les connaître parfaitement.
Chaque objet de ton kit doit avoir sa place et un rôle clairement identifié.
La plupart des survivalistes confirmés finissent par réduire leur matériel au strict nécessaire : celui qu’ils ont testé, entretenu et en lequel ils ont confiance.
“Le meilleur matériel est celui que vous savez utiliser.”
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Les catégories de matériel survivaliste indispensables
1. Le matériel de base : outils et couteaux
Tout commence par l’outil principal du survivaliste : le couteau.
Il sert à couper du bois, tailler, bricoler, préparer la nourriture, ou même se défendre.
On distingue deux types principaux :
- Le couteau fixe (bushcraft) : robuste, fiable, adapté à l’extérieur.
- Le couteau pliant (EDC) : compact, discret, idéal pour le quotidien.
Les marques comme Morakniv, Gerber ou Victorinox ont fait leurs preuves.
Ajouter à cela une scie pliante et un multitool de qualité, et tu couvres 90 % des besoins concrets sur le terrain.
Lien interne : Couteaux bushcraft : choisir le bon
2. Eau et filtration
L’eau est la priorité absolue.
Un être humain peut tenir trois semaines sans nourriture, mais seulement trois jours sans boire.
Le matériel doit donc garantir l’accès à une eau potable fiable, quel que soit le contexte.
Les systèmes les plus efficaces :
- Filtres portables (Sawyer Mini, Lifestraw, Katadyn)
- Pastilles de purification en complément (Micropur, Aquatabs)
- Gourdes inox ou poche souple pour le transport
- Bouteille filtrante pour les déplacements légers
Une astuce simple : emporter deux moyens de purification différents, par redondance.
Il faut aussi garder en tête qu’un filtre non testé à l’avance est inutile en situation réelle.
Lien interne : Filtrer et purifier de l’eau
3. Énergie et éclairage
Sans lumière ni énergie, les nuits deviennent longues et les gestes hasardeux.
Une lampe frontale reste indispensable : elle libère les mains et consomme peu.
Complètez-la avec une lampe d’appoint à dynamo, une powerbank solaire et quelques piles rechargeables.
Prioriser les modèles à mode éco, IPX5 ou IPX6 (résistance à la pluie) et autonomie réelle d’au moins 10 heures.
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4. Protection, vêtements et abri
S’abriter, se protéger et maintenir sa température corporelle sont des priorités absolues. Dans la plupart des scénarios, c’est l’exposition prolongée au froid, à l’humidité ou à la chaleur qui met la vie en danger bien avant la faim.
Un kit de base doit comprendre :
- Un tarp multifonction ou une bâche solide, adaptable en tente ou pare-vent.
- Un poncho imperméable pouvant servir à la fois de vêtement et de toit d’urgence.
- Une couverture de survie réutilisable, plus robuste que les modèles jetables.
- Un sac de couchage adapté à la saison : toujours privilégier les valeurs de température “confort” plutôt que “extrême”.
Les vêtements jouent un rôle déterminant. Il ne s’agit pas seulement d’avoir chaud, mais de réguler sa température. Le système des trois couches reste une référence :
- une couche respirante pour évacuer la transpiration,
- une couche isolante,
- une couche externe imperméable.
La laine mérinos et le softshell sont d’excellents choix pour les activités prolongées en extérieur.
Enfin, un bon chapeau et une paire de gants de travail solides complètent le tableau.
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5. Santé et premiers secours
En situation de survie, une blessure mineure peut vite dégénérer. Avoir une trousse de premiers secours complète et personnalisée n’est pas une option, c’est une obligation.
Une trousse de base doit contenir :
- Bandages, pansements, compresses, sparadrap.
- Gants, antiseptique, pommade cicatrisante.
- Médicaments courants : paracétamol, anti-inflammatoires, antidiarrhéiques, antihistaminiques.
- Petits outils : pince à écharde, ciseaux, thermomètre digital.
À cela s’ajoutent des éléments de formation : un guide papier de premiers secours, un livret de gestes d’urgence ou une fiche synthèse plastifiée.
Si possible, suivre une formation PSC1 ou un stage de secourisme. Le meilleur matériel médical ne remplace jamais la connaissance du bon geste.
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6. Alimentation et cuisson
L’énergie apportée par la nourriture n’est pas qu’une question de calories : elle maintient le moral, le rythme et la concentration. En survie, il ne s’agit pas de bien manger, mais de manger suffisamment et intelligemment.
Les options principales :
- Rations militaires (MRE ou RCIR) : compactes, caloriques, prêtes à l’emploi.
- Aliments secs : pâtes, riz, flocons d’avoine, fruits séchés, noix.
- Plats lyophilisés : légers, mais nécessitent de l’eau chaude.
Côté cuisson, un réchaud à gaz reste le plus polyvalent. Les modèles à bois ou à alcool sont de bons compléments, surtout en extérieur.
Penser aussi à emporter un petit kit de vaisselle en inox ou titane : solide, léger et réutilisable.
Enfin, toujours conserver un moyen de feu redondant : briquet, pierre à feu, allumettes étanches. Sans feu, il n’y a ni eau chaude, ni cuisson, ni chaleur.
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Adapter son matériel survivaliste à son environnement
Tous les équipements cités jusqu’ici ne se valent pas selon le contexte. Le matériel idéal pour un bivouac forestier n’a rien à voir avec celui d’une évacuation urbaine ou d’une situation domestique prolongée.
Un survivaliste avisé adapte toujours son kit à son environnement et à la durée de la crise.
Matériel survivaliste urbain
En ville, la mobilité et la discrétion priment. On privilégie un EDC (Everyday Carry) léger : multitool, couteau pliant, lampe compacte, powerbank, trousse médicale minimaliste, sifflet, radio FM.
Le sac ne doit pas attirer l’attention. Un sac gris ou noir, sans logo, est souvent plus sûr qu’un modèle tactique.
L’objectif n’est pas de camper, mais de tenir 48 à 72 heures jusqu’à retrouver un point sûr.
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Matériel survivaliste nature ou bushcraft
En milieu naturel, on recherche la robustesse et l’autonomie. Les matériaux doivent résister à l’humidité, au froid et à l’usure.
Un bon couteau fixe, une scie, un abri léger, une gourde métallique et un réchaud à bois sont les bases.
Ajouter une trousse de feu, une corde paracorde, et un kit de réparation pour l’équipement textile.
Le but n’est plus seulement de survivre, mais de vivre en autonomie pendant plusieurs jours ou semaines. Le matériel doit être testé à l’avance : ce n’est pas sur le terrain qu’on découvre qu’un briquet ne fonctionne pas.
Matériel survivaliste familial
Préparer un kit familial implique de penser au collectif : enfants, animaux, personnes âgées.
Il faut donc des kits individuels légers et un matériel collectif centralisé (abri, trousse médicale, réserve d’eau).
Prévoir aussi de quoi maintenir un minimum de confort : vêtements de rechange, serviettes microfibres, couverture, jeux ou carnets pour les enfants.
L’aspect psychologique compte autant que le matériel lui-même.
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Où acheter son matériel survivaliste sans se ruiner
Le survivalisme ne devrait pas être une affaire de luxe. Le but est d’acquérir du matériel fiable, pas de dépenser des fortunes dans des produits marketing.
La bonne approche consiste à acheter progressivement, en privilégiant les équipements testés et utiles plutôt que les “gadgets de survie” souvent inefficaces.
Les circuits fiables
- Décathlon : une valeur sûre pour le matériel de plein air et les basiques (vêtements techniques, lampes, sacs).
- Amazon : offre large, possibilité de comparer les avis, mais attention aux copies.
- Lyophilise.fr : excellent pour les rations alimentaires et le matériel d’expédition.
- Surplus militaires : une mine d’or pour le matériel robuste et abordable (sacs, vêtements, accessoires).
Privilégier toujours la durabilité à la quantité. Un couteau ou un réchaud de qualité peut durer toute une vie.
Et si vous débutez, commence par constituer ton kit de base, puis ajoute du matériel au fur et à mesure de ton expérience.
Acheter en ligne ou en magasin ?
L’achat en ligne offre un choix immense et de bons prix, mais il a une limite : on ne peut pas manipuler le matériel avant.
Dès que possible, rendez-vous en boutique spécialisée pour tester la prise en main, le poids et l’ergonomie. C’est particulièrement important pour les outils et les sacs à dos.
Un exemple de boutique en ligne : monbivouac.com – équipement outdoor et survivalisme
Matériel à éviter ou surévalué
Le marché du survivalisme attire aussi les vendeurs de rêves. Beaucoup de produits sont inefficaces, fragiles ou dangereux.
Quelques exemples typiques :
- Les kits “tout-en-un” à bas prix, souvent remplis d’objets inutiles ou de mauvaise qualité.
- Les gadgets tactiques : stylos, bagues de défense, mini-multitools non testés.
- Les filtres à eau “sans marque”, souvent inefficaces au bout de quelques utilisations.
- Les couteaux pliants bas de gamme : jolis sur photo, inutilisables sur le terrain.
Avant d’acheter, demandez-vous : “Ai-je vraiment besoin de cet objet ? Ai-je testé quelque chose de similaire ?”
La survie repose sur la fiabilité, pas sur l’apparence. Un matériel cassé ou mal conçu devient vite un fardeau.
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Conclusion : mieux vaut connaître que posséder
Le matériel survivaliste n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’être prêt.
Avoir le meilleur équipement au monde ne sert à rien si il reste inutilisé dans un placard.
L’essentiel est de le connaître, l’entretenir et le tester régulièrement.
Chaque outil que emporté doit avoir un rôle clair, une raison d’être.
Avec l’expérience, la liste se simplifie de plus en plus.
Les survivalistes les plus aguerris finissent toujours par revenir à l’essentiel : un bon couteau, de l’eau propre, un abri, du feu et une connaissance pratique du terrain.
Construire son kit avec logique, investir dans la qualité, et souvenez-vous : la vraie préparation ne se mesure pas au poids du sac, mais à la maîtrise de ce qu’il contient.



